Le blog de Nathalie Martin

crise de boulimie

Boulimie, trouble alimentaire : comment s'en sortir ?

Dans cet article, je vais vous parler de crise de boulimie. Je reçois énormément de messages et je parle avec beaucoup de femmes qui me partagent la problématique qu’elles ont autour de ce trouble alimentaire. 

C’est un thème qui me parle profondément et je vais vous expliquer pourquoi dans cet article. Un article que je souhaite faire pour vous aider, si vous aussi vous souffrez de crise de boulimie. 

J’ai eu le sentiment, ces dernières semaines, que je devais vous en parler. Alors pourquoi est-ce que je veux vous en parler ?

Eh bien parce que c’est un trouble alimentaire que je connais. Et si vous souffrez d’un autre trouble alimentaire, vous trouverez dans cet article des clés qui je pense, pourront vous aider. 

Les crises de boulimie

Les crises de boulimie sont un trouble alimentaire dont j’ai souffert pendant une quinzaine d’années. 

Et vous le savez mon but dans mes articles, comme dans mes vidéos, est de partager avec vous ce que j’ai traversé afin de vous expliquer ce que j’en ai tiré. 

Il est important pour moi d’écrire cet article, parce que je sais ce que l’on ressent quand on est enfermé.e.s dans notre boulimie. Si vous aussi vous connaissez cela et qu’il y a une toute petite chance pour que vous tombiez sur cet article au bon moment et qu’il vous aide ou vous évite une autre crise, alors ça vaut le coup. 

Je fais également cet article car je trouve que c’est un sujet qu’on aborde très peu. 

Il y a peut-être un tabou sur les crises de boulimie. Et si c’est le cas je souhaite qu’ensemble nous puissions le briser, afin que l’on puisse vraiment en parler. 

Donc cet article, c'est un peu comme mon "coming out" d'ancienne boulimique. Pour que vous puissiez vraiment réaliser que vous n'êtes pas toute seule, tout seul, parce que je le disais tout à l'heure, je reçois plusieurs messages de femmes ; mais il y a aussi des hommes qui souffrent de cette addiction. J'ai envie d'appeler ce trouble ainsi. Donc je veux vraiment pouvoir vous aider à voir le bout et la sortie du tunnel.

Mes crises de boulimie

J'ai vécu une bonne quinzaine d'années avec ce trouble alimentaire qui prenait énormément de place dans ma vie. Et avant d’écrire cet article, je réfléchissais et je me demandais comment ça avait commencé ? Et à quel âge ? Mais il m’était impossible de m’en souvenir.

Alors c'est vrai, parfois, j'ai une mémoire un peu défaillante, mais je ne me rappelle même plus comment j'ai eu cette idée de « me remplir ». J'étais dans un type de boulimie où je me faisais vomir. Je ne sais même pas à quel moment ça m'est passé par la tête de faire ça. 

Je pense, à bien y réfléchir, que c'était peu après l'adolescence. À un moment où je prenais du poids, où j'avais l'impression d’en perdre le contrôle. Étant une bonne vivante, c'était tellement dur pour moi de me priver. 

Mais la racine la plus importante, c'est que je ne m'aimais pas du tout. J'étais vraiment dans le rejet de moi-même. À l’époque, cette blessure de rejet était vraiment très importante.

Ce qui fait que progressivement la boulimie est arrivée dans ma vie, et a pris de plus en plus de place. 

Je pouvais faire des crises de boulimie plusieurs fois par jour et chacune pouvaient durer plusieurs dizaines de minutes voire plusieurs heures. Si on m’avait filmé dans ces moments où les crises étaient vraiment très forte, je me serais fait peur et je me serais dit " mais ce n'est pas possible ! Ce n'est pas moi ! Qu'est-ce qui me prend ?". 

Perte de contrôle

Je perdais complètement le contrôle, je ne sais même plus vraiment pourquoi je mangeais, pour me remplir, pour ne plus ressentir. Je me souviens très bien encore aujourd'hui de ce que je ressentais dans mon corps quand la crise arrivait. C'était vraiment mon corps qui me le demandait. Alors quand la crise était finie et que j’avais complétement plongeait dedans, je me sentais vidée et honteuse. 

Je n'assumais pas du tout cette maladie ni ce trouble alimentaire. Je me souviens de l'isolement dans lequel je me trouvais car il fallait que je me cache. Le fait de se cacher, d’y passer beaucoup de temps, me prenait énormément d'énergie, et abimait mon corps. 

Je m’en souviens tellement que j'ai envie de vous le partager pour que vous ne vous sentiez pas seul.e, si vous le vivez en ce moment. Et pour vous le dire, c'est possible de s'en sortir, il n'y a pas de fatalité. Aujourd'hui, je n'ai plus du tout de crise de boulimie. 

La racine de la boulimie

La première chose à comprendre si vous en souffrez c’est que vous n'êtes pas votre boulimie, vous n'êtes pas boulimique. C'est vrai que l’on dit souvent : « je suis boulimique ». Mais il faut faire attention avec ce qu'on met derrière le "je suis", parce que "je suis quelque chose", c'est un mantra qui est extrêmement puissant. 

Donc dites plutôt « je souffre de boulimie. » Et rien que de le dire ainsi, nous détache un peu de la maladie. Ça ne fait pas tout, c'est une évidence, mais ça donne une nuance importante. 

Je vous le disais tout à l'heure, la base de tout, à mon sens : c'est l'amour pour soi, l'estime de soi. La boulimie, prend racine dans un manque d'estime de soi. En tout cas, pour moi, c'était une période où je ne m'aimais pas du tout et où je me rejetais. 

Et finalement, la boulimie, c'était un moyen de me remplir, d'oublier qu'il y avait des choses qui clochaient dans ma vie. D'oublier ma solitude à certains moments, oublier que je me sentais insignifiante, que j'avais l'impression de ne pas être intéressante.

Et pendant les crises, j'avais l'impression de ne penser à rien, j'étais juste en train de me remplir. Si vous sentez que l'estime de soi est une problématique pour vous, je vous invite vraiment à commencer par là parce que la boulimie en est peut-être une conséquence. 

Le fait d'avoir ces crises, c'était un moyen de me détruire, et de me faire du mal. 

Tout est question de curseur

Un autre point important en ce qui concerne cette boulimie, est que tout est une question de curseur. Et quand le curseur est positionné à des extrêmes, ce n'est pas bon. Ce n'est pas la voie du milieu, ce n'est pas la voie qui est juste. 

Alors pourquoi je vous parle de curseur dans le cas de la boulimie ? Parce que comme je vous le disais, c’est arrivé à un moment où j'avais perdu le contrôle sur mon poids. Et je voulais le reprendre. 

Donc, ça marchait dans les deux sens, c'est à dire que reprendre le contrôle, voulait dire que j'avais des moments où je me privais énormément. Je ne mangeais presque rien car mon poids était vraiment devenu obsessionnel au point de me peser plusieurs fois par jour. Cette envie de contrôle me poussait alors dans des extrêmes et dans des privations vraiment importantes. 

Mais comme je vous le disais, je suis une bonne vivante, alors je m'autorisais des choses qui était normalement interdites, du moins que je m'interdisais. Puis j'en mangeais un tout petit peu, puis encore un petit peu, puis encore un petit peu. Et comme je perdais le contrôle, la crise de boulimie commençait.

Cela venait du fait que le curseur n’était en aucun cas positionné à un endroit sain pour moi. Soit je mangeais beaucoup trop, soit je ne mangeais pas assez ou en tout cas, pas de la bonne manière. 

Positionner le curseur au bon endroit

Je vous invite donc à en prendre conscience, et à positionner le curseur au bon endroit. C'est compliqué ! La vie, c'est aussi l'alimentation. La manière dont je me nourris, en dit long sur l'amour que j'ai pour moi, sur la relation que j'ai avec moi, puis sur la relation que j'ai avec la vie.

Et la vie, nous donne des enseignements importants sur le fait de lâcher prise et d'être dans le flux. Et être dans le flux, est plutôt ce qui est juste. Là on profite de la vie, mais on profite de la vie en conscience. Et ce n'est pas quelque chose de draconien, remplie d'interdictions parce que la vie, ce n'est pas ça. Et en tant qu'être humain, ce n'est pas ça que l'on recherche. Donc si je suis trop stricte avec moi, c’est évident que je vais repartir dans les excès.

Vivre en conscience

Enfin, je voudrais vraiment également vous dire que ça peut s'arranger, en tout cas dans cette situation-là, en mettant de la conscience sur ce que vous faites. 

Et la conscience, peut-être quelque chose de très simple, et peut passer par l’observation de son corps. 

Je vous parlais du comportement de mon corps lorsqu’il « demandait » une crise. Je n'étais pas dans la conscience à ce moment-là, j'étais en mode pilote automatique. Il suffisait que mon corps fasse monter la crise pour que je n'ai qu'une chose en tête : aller me cacher dans un coin pour faire une crise de boulimie. 

Si j'avais eu plus de conscience à l'époque, plutôt que de foncer et d'obéir à cette pulsion, d’où le terme de dépendance, alors j'aurais vraiment pris quelques secondes pour regarder ce qui se passait dans mon corps.

Plutôt que de l'écouter, plutôt que de suivre ses ordres, simplement prendre conscience de ce qui se passait dans mon corps, de ce qui se passait dans mon ventre pour analyser, cette pulsion, cette envie.

Prendre conscience de nos pensées

Prendre conscience aussi de mes pensées : qu'est-ce que je me dis dans ces moment-là ? 

Je suis convaincue que la prise conscience, permet de gagner quelques secondes. Car ça se passe de la même manière quand on veut arrêter de fumer. Quand j'ai arrêté de fumer, je savais que cette pulsion, cette envie, n'allait pas durer des heures. Si je réussissais à passer cette vague de pulsion de cigarette ou de nourriture, quelques secondes ou ces quelques minutes, la vague passait. 

C'est ça l'enjeu, selon moi, réussir à passer cette vague. Et vous allez pouvoir le faire, vous en êtes capable d'autant plus que vous allez le faire en conscience. En observant ce qui se passe, je respire, je sais que ça va être inconfortable parce que, pour moi, la boulimie était une béquille. 

On arrête, justement en espaçant les crises. Elles sont de moins en moins nombreuses, de moins en moins régulières, de moins en moins importantes. Et progressivement, elles ne font plus du tout partie de notre vie.

À partir du moment où vous relevez le challenge ou vous vous mettez en tête que vous êtes capable de vous en sortir parce que vous valez mieux que ça, vous méritez de vous faire du bien et de ne pas vous détruire. Vous êtes digne de recevoir de l'amour et d'en donner, de passer votre temps, et de dépenser votre énergie dans des choses qui vous font du bien.

En mettant de la conscience sur ce que vous allez faire, comment vous allez manger, vous comportez, notamment en montée de crise, vous allez voir que vous pouvez vivre de plus en plus facilement cette vague. Et bientôt, ce sera derrière vous. 

Demander de l'aide

Et si ça ne suffit pas, je vous invite aussi à demander de l'aide. Ce n'est pas être faible de demander un coup de main. Il y a des gens dont le métier, est de vous aider à vous en sortir. Il y a des groupes où vous pouvez trouver le soutien de personnes qui vivent la même situation que vous.

Quand on ne s'en sort pas tout seul, c'est une marque d'intelligence de demander de l’aide.

En parler, à quelqu’un de confiance peut faire beaucoup de bien. Et vous pourrez l’appeler quand vous sentez la crise monter, juste le temps que la crise passe. 

Alors si vous avez cette personne dans votre entourage, je vous invite à vous confier, et à lui partager ce que vous traversez.

C'est ce que je voulais vous partager dans cet article. J'espère du fond du cœur que si vous souffrez de ce trouble alimentaire ou d'un autre, il vous aura donné envie de vous en sortir. De sortir de ce silence dans lequel vous vous enfermez, pour pouvoir en parler et pour vous ouvrir à la vraie vie qui est très loin de ces troubles alimentaires. 

Et vous en sortirez plus fort.e, je vous souhaite vraiment tout le meilleur.

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